Seja bem-vindo - Sexta-Feira, 20 de Outubro de 2017 - 16:00

LA LECTIO DIVINA

UNE TRAVERSÉE DU DÉSERT AVEC JÉSUS.

Avant de commencer sa vie publique, Jésus a été conduit par l’Esprit au désert, nous dit Matthieu (4, 1). Dans le Premier Testament, nous voyons que Moïse (Ex 24, 18) et Élie (I R 19, 8) ont passé eux aussi 40 jours au désert.

La Lectio divina n’est pas une expérience à dimension humaine. C’est l’Esprit Saint qui en est le grand protagoniste. Le lieu de la Lectio divina est très important. Il importe de se trouver un petit désert où nous pourrons entrer en intimité avec Jésus qui nous parle dans sa Parole.

Le désert peut être un lieu de préparation à une mission, de rencontre et d’intimité avec le Père, de confiance absolue en sa Parole! Moïse, Élie ou Jésus en ont fait l’expérience. Jésus a été tenté non seulement au désert mais il a dû faire face à l’Adversaire durant toute sa vie. Pensons à Pierre qui veut le détourner de la route vers Jérusalem où il sera crucifié (Mt 16, 21-23). Rappelons-nous ses détracteurs qui l’accusent de chasser les esprits mauvais par la puissance de Béelzéboul (Lc 11, 14-23)!

Décider de commencer la démarche de la Lectio divina, c’est s’exposer à la tentation telle que Jésus en a vécue au désert. Dans notre vie spirituelle, nous devons compter avec trois participants : nous-mêmes, l’Adversaire et l’Esprit Saint qui est avec nous jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 18-20).

Quant à nous-mêmes, nous devons lutter contre nos soucis, nos fatigues, nos questions où les réponses ne viennent qu’après un certain temps. Il nous faut basculer dans la foi et faire confiance à l’Esprit Saint qui nous est toujours présent si nous prions avec constance. La persévérance est la clé qui ouvre la porte à l’Esprit Saint (Lc 18, 1-8; Lc 11, 11-13).

N’oublions pas que le tentateur peut essayer de nous détourner de ce qui fera sa confusion. Une personne engagée dans la Lectio divina est pour lui un cruel adversaire. C’est pourquoi il mettra tout en œuvre pour nous décourager de continuer ce que nous avons osé commencer dans la foi. Si nous ne savons pas persévérer dans la prière, sachons que l’Ennemi, lui, saura persévérer dans ses ruses pour nous en détourner.

Le désert peut être un lieu d’épreuve, de solitude, de tentations, de sécheresse spirituelle. Mais l’expérience du désert s’avère féconde parce qu’elle permet une rencontre avec Dieu, une conversion radicale, un engagement nouveau face à la Parole de vie. Pensons à saint Paul sur le chemin de Damas. Quand il rencontre le Christ ressuscité, il en perd la vue!!! Son désert avant son baptême dans la mort et la résurrection de Jésus n’a pas été bien long : trois jours! Au sortir de cette épreuve il devient si ferme dans sa foi qu’il sera baptisé (Ac 22, 3-16) et après un temps plus long de désert, il commencera à proclamer le Nom de Jésus jusqu’au sacrifice ultime du martyre.

L’expérience de la Lectio divina peut conduire à une conversion radicale, de sorte que plus rien ni personne ne pourra nous détourner de la Parole de vie! Si nous persévérons dans la Lectio divina malgré les tentations, notre soif de Dieu deviendra si ardente que plus rien ne pourra nous en détourner. De jour en jour la Parole nous sera comme une épée à deux tranchants qui nous permettra de résister aux assauts du Malin (Hé 4, 12-13).

Pour terminer, je nous laisse les armes que saint Paul nous indique afin de progresser dans la foi et d’éteindre les flèches de l’Adversaire:

Lisons, méditons, ruminons Éphésiens 6, 10-18… N’oublions pas le casque du salut et l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu (v. 17)… N’oublions pas la prière constante (v. 18)…

10 Puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force.

11 Revêtez l'équipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du démon.

12 Car nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous.

13 Pour cela, prenez l'équipement de Dieu pour le combat ; ainsi, quand viendra le jour du malheur, vous pourrez tout mettre en œuvre pour résister et tenir debout.

14 Tenez donc, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice,

15 les pieds chaussés de l'ardeur à annoncer l'Évangile de la paix,

16 et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d'arrêter toutes les flèches enflammées du Mauvais.

17 Prenez le casque du salut et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu.

18 En toute circonstance, que l'Esprit vous donne de prier et de supplier. Restez éveillés afin de persévérer dans la prière pour tous les fidèles.

Sr Paulette Brisson, r.b.p.


LA LECTIO DIVINA AU CŒUR
DE NOTRE VIE QUOTIDIENNE

Que veulent dire ces mots latins : Lectio divina?

Vous l’aurez compris, au sens littéral du mot, la Lectio divina, ce serait une lecture divine des Saintes Écritures. Mais une telle traduction littérale ne rend pas justice à la démarche proposée. Il faudrait plutôt dire que faire la Lectio divina, c’est tout simplement prier la Parole de Dieu en comptant sur l’Esprit Saint qui est le grand initiateur, le protagoniste de notre prière. Nous ne savons pas comment prier, mais l’Esprit Saint prie en nous en des gémissements ineffables (Rm 8, 26). C’est lui qui nous rappelle ce que Jésus nous a dit et nous le fait comprendre (Jn 14, 26).

Faire la Lectio divina, qu’est-ce que c’est et qu’est-ce que ce n’est pas?

Faire la Lectio divina, ce n’est pas apprendre à lire à partir d’un texte comme quand j’étais enfant et que je nommais des mots sans comprendre. Faire la Lectio divina, c’est par la grâce de l’Esprit Saint entrer en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint à travers les textes sacrés de l’Écriture. C’est me laisser transformer par l’Esprit qui éclaire mes pas sur la route où Jésus ressuscité me précède sans cesse dans mon aujourd’hui. À travers la Lectio divina, c’est aujourd’hui que l’Écriture s’accomplit, car il est Vivant celui qui parle au cœur qui écoute…

Comment peut-on arriver à faire la Lectio divina?

Pour faire la Lectio divina, il y a une démarche que la grande tradition patristique et monastique nous a transmise depuis des siècles. La Lectio divina a été remise en valeur depuis le Concile Vatican II. Elle est accessible non seulement aux pères de l’Église et aux moines. Elle est accessible à toute personne qui se donne un temps précis et régulier pour écouter l’Esprit parler à son cœur. Elle est au cœur de la Nouvelle évangélisation ce que l’Esprit Saint témoigne en la personne qui vit la Lectio divina. Selon notre pasteur Benoît XVI : « La pratique de la Lectio divina, si elle est promue de façon efficace, apportera à l’Église, j’en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel. » (16 septembre 2005).

La démarche que je propose ici est celle des maîtres classiques en Lectio divina, tels les Enzo Bianchi (Prier la Parole), Carlo Maria Martini (Prier avec les psaumes), Ghislaine Salvail (Au carrefour des Écritures – Initiation à la Lectio divina). Certains auteurs nous proposent quatre étapes pour compléter la Lectio divina. Ghislaine Salvail, sjsh, en propose cinq, la cinquième étant l’Actio. Sœur Salvail nous dit qu’une prière qui ne déboucherait pas sur l’action est une prière stérile. Je me rallie à cette dernière proposition.

LA LECTIO DIVINA SE VIT DONC EN CINQ ÉTAPES:

La lecture du texte choisi…

Le choix du texte est important. Il serait préférable de choisir des textes qui favorisent une lecture continue. Avant de passer à toute autre chose, il est conseillé de prendre l’Évangile d’abord. C’est ce que nous donne à manger la Sainte Église et tous les croyants qui participent à l’Eucharistie en seront nourris. Par l’Évangile du jour, la communion entre les croyants s’établira autour des deux tables : le Pain de vie et la Parole. Si la Lectio divina précède la célébration eucharistique, l’Évangile du jour en sera éclairé. Je lis donc le texte lentement. Je le relis et le relis encore à haute voix. Je prends le temps de le laisser descendre dans mon cœur.

La méditation…

Pour comprendre le texte, on peut s’aider des notes de bas de page de la Bible. On prend le temps de méditer, de voir ce qu’il dit à notre cœur, quelles sont les valeurs essentielles qui s’en dégagent. Si un mot, une phrase nous touche, on s’y arrête. C’est la phrase que l’Esprit Saint, le Saint animateur nous donne, afin de la laisser descendre dans notre cœur jusqu’à ce qu’elle change notre regard et transforme notre vie.

La prière…

Je laisse l’Esprit Saint prier en moi la Parole afin qu’elle devienne un dialogue avec l’Amoureux qui est penché sur moi, qui me parle et à qui je réponds. Ma prière s’articule autour de la phrase clé retenue. Elle s’adresse d’abord au Père, en faisant mémoire du Fils et en implorant l’aide du Saint-Esprit.

La contemplation…

Je m’arrête durant un bon moment. Je demeure en silence en présence de l’Être aimé, en présence de Celui que j’adore. S’il m’est possible de passer ce moment auprès du Tabernacle, ce sera un privilège que je n’hésiterai pas à m’accorder…

L’action…

C’est cette partie qu’il convient de ne pas escamoter. Après avoir lu, médité, prié, adoré, je demande à l’Esprit Saint de m’inspirer comment faire passer dans le vécu ce que j’ai compris de la Parole de Dieu. Après avoir fait cette démarche de jour en jour, mon regard sur moi-même, sur le monde et sur Dieu lui-même devrait être changé progressivement. Pour qui a vraiment la foi, la Lectio Divina, ainsi que les sacrements, sous le regard du Christ ressuscité infiniment miséricordieux, opère la guérison des blessures intérieures. « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11, 29-30).

Conclusion

Qu’il soit donné à tous les participants et participantes à la Lectio divina de former un réseau de prière qui transformera nos cœurs pour la plus grande gloire du Père et de la Trinité toute entière. Que par ce réseau, tel au soir de la Pentecôte, l’Esprit Saint descende sur nous pour faire de nous des adorateurs du Père en esprit et en vérité, ainsi que des missionnaires au cœur de Feu qui n’hésitent pas à témoigner de la Parole qui est Vie en Jésus ressuscité!

Sr Paulette Brisson, r.b.p.
15 novembre 2012

Commentaires et Témoignages